La boulimie, un tiraillement entre libération et honte

Quand une crise de boulimie prend fin, vous constatez l’étendue des dégâts. Votre sentiment de culpabilité, votre peur de grossir vous poussent parfois à vous faire vomir ou à prendre des laxatifs (produits qui facilitent l’évacuation des selles) pour vous libérer de toute cette nourriture. Dans votre idée, une fois vidé, plus de pleurs, plus de pensées négatives, vous serez bien et vous vous sentirez purifié…

La honte et la culpabilité que vous ressentez face à vos actes de boulimie et d’évacuation peuvent être un frein à votre guérison.

Un dialogue difficile à instaurer

Lorsque vous pensez à votre maladie ou que vous aimeriez en parler à quelqu’un, vous avez tellement honte que vous n’osez pas vous confier. À force de ne pas pouvoir partager votre souffrance, vous vous sentez encore plus seul. Cette honte vous isole dans le secret de la boulimie. Dès le début, vous cachez votre état à votre entourage en pensant être capable d’arrêter rapidement. Vous sentez que quelque chose ne va pas, mais c’est encore contrôlable. En revanche, quand la boulimie dure depuis un certain temps, vous réalisez que vous ne réussissez pas à résister à vos crises de boulimie. Elles deviennent plus intenses et fréquentes. L’image que vous avez de vous-même se dégrade. Vous êtes enfermé dans ce cercle vicieux et d’autres comportements peuvent s’ajouter à votre boulimie : toxicomanie, violence…

Comment maîtriser la nourriture quand on est insatiable ?

Quand l’existence s’est commuée en un enfer, il faut consommer différemment afin de dompter les problèmes de boulimie. Il faudrait manger frugalement, cependant manger convenablement, en réintroduisant les protéines et les fécules, par petites portions. Pour remporter la bataille, l’autocuiseur est un appareil nécessaire pour mijoter en très peu de temps une nutrition normale et bien proportionnée.

« Une fois que j’ai mangé tout ce je qui se trouvait près de moi, je pleure, je suis extrêmement triste, Pour moi, le vomissement est la seule façon de me faire oublier que je viens encore de céder à la bouffe, comme si ça pouvait effacer ce que je viens de faire. Mais je ne supporte plus de vomir, parce que ça fait terriblement mal et puis, j’ai honte de le faire. Je sais que parfois on peut m’entendre des toilettes. II n’y a rien de pire ».

Les conséquences de la boulimie

  • Chez les filles, les désordres alimentaires peuvent entraîner une disparition des règles : le corps ne reçoit plus les aliments nécessaires à son bon fonctionnement et se dérègle. On parle d’aménorrhée (absence de règles pendant trois cycles consécutifs). Ce dérèglement conduit à une diminution de la quantité d’œstrogènes (hormones) sécrétée, ce qui fragilise vos os.
  • Les vomissements répétés déshydratent votre corps : votre peau est sèche, vos ongles sont friables, vos cheveux tombent, vos doigts sont crevassés. Par ailleurs, à force de mettre votre main dans la bouche pour vous faire vomir (certaines personnes se font vomir jusqu’à trente fois par jour), des cicatrices ou des croûtes apparaissent sur vos mains du fait du frottement des dents sur la peau.